novembre 2006

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21 novembre 2006

Le numéro onze, un numéro qu'on a assez attendu

Les articles de la presse américaine consacrés à Ségolène Royal comportent en général les mots «révolution», «éléphants», «bikini», «pas mariée» et, pas très loin, la citation kind-of-oulala  "la démocratie, c'est comme l'amour : plus il y en a, plus elle grandit."

Le New York Times relève que  « Son inexpérience en politique étrangère est apparue la semaine dernière quand elle a dit pendant un débat que l'Iran ne devrait jamais être autorisé à avoir un programme d'énergie nucléaire civile », programme auquel le pays, signataire du TNP, a droit. Le Los Angeles Times relève que même Bush ne va pas jusque là. "Ses positions pendant la campagne étaient vagues, parfois même naïves, mais avec un grand sourire, des cheveux bien coiffés et la volonté de mêler les vues socialistes traditionnelles et une rhétorique populiste, elle a battu ses adversaires plus pédants du parti. » écrit le quotidien de Los Angeles qui a trouvé des échos de JFK à son «nous allons gravir la montagne jusqu'à la victoire. »

 Alors que tous les quotidiens soulignent les différences de style entre Ségolène et les autres candidats du PS, USA Today souligne que son background est le même que celui de ses concurrents des primaires. Le journal note qu'elle est revenue sur ses critiques de la semaine des 35 heures, « vache sacrée du parti socialiste. »

Ségolène a été élue sur des promesses de changement, mais en apportera t-elle assez ? se demande le Christian Science Monitor pour qui la France a besoin « de réformes vigoureuses à la Maggy Thatcher » pour libérer le marché du travail. Détail amusant : en parlant de Chirac, le quotidien mentionne qu'il est « membre du parti de Sarkozy. »

« C'est perturbant d'imaginer que les Français qui n'ont pas accordé le droit de vote aux femmes avant 1944 pourraient élire une femme présidente avants les Etats-Unis. » relève Salon. Le magazine online compare Ségolène et François à Hillary et Bill, « mais là c'est la femme qui a le charisme ». Des points communs : « comme leurs équivalents français, les Bill et Hill français se sont rencontrés pendant leurs études ».  Comme Hillary, Ségolène ratisse au centre et « comme aux Etats-Unis, la presse n'arrive pas à décider s'ils sont rivaux ou co-conspirateurs ».

« La littérature française brûle t-elle ? » demande le New York Times. Quatre des six prix littéraires français sont allés à des romans écrits en Français par des non-français. « Ces voix extérieures apportent quelque chose absent de la fiction française » dit l'article qui cite Antoine Audouard qui trouve que trop de romans français traitent de « ma souffrance, ma douleur, mon couple, ma chambre ». La critique du monde Josyanne Savigneau observe que les auteurs français « préfèrent produire des textes » que des histoires. D'où des traductions en France de roman étranger à narration solide tandis que les textes français présentent moins d'intérêt traduits à l'étranger. « Le nombre d'auteurs français à avoir eu récemment un impact international est exactement de un: Michel Houellebecq.» note l'article.

A défaut de production récente française, le New Yorker est parti sur les traces de Minou Drouet, enfant prodige ou imposture de la poésie il y a 50 ans. En novembre 1955, Time lui consacrait un article commençant par « en France où la littérature peut être le sujet chaud de première page des journaux… » On apprend dans le New Yorker qu'elle a été mariée avec un collègue de Thierry Leluron, puis un garagiste breton. Le journaliste est allé voir où elle vivait aujourd'hui à « Guerche de Bretagne » une ville sans intérêt historique ou touristique, à une demi heure de Rennes « l'équivalent d'une petite ville du nord de l'état de New York mais avec une place carrée au lieu d'une Main Street »

« Nous traversons un moment Marie Antoinette » note le New York Times. Film, documentaire, biographie… « et elle n'a même pas d'attachée de presse » L'article rappelle « la plupart des américains n'ont pas la moindre idée de qui elle est », comme dit l'historien Ron Chernow « ne sous-estimons jamais notre inculture en histoire » Pourquoi est-elle si digeste ? Sans idée du contexte, il est plus facile de la voir comme « une captive de la monarchie et captive de sa célébrité » note le quotidien, qui fait aussi valoir que les Américains ont peu de ressentiment pour ceux qui sont tout en haut, puisqu'ils pourraient y être un jour, « en d'autres mots, il y a beaucoup d'américains qui se reconnaissent – à raison ou non – en Marie-Antoinette » Et, note l'auteur, du point de vue de la frénésie de consommation aussi, « nous somme une nation de Marie Antoinette »

 

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26 octobre 2006

Le numéro dix (déjà), un numéro spécial avec des secrets de reproduction, des chiens minuscules et des cabines téléphoniques pour s'embrasser

On vient du Japon, de Thailande et d'Allemagne en France "pour étudier ses secrets de reproduction", raconte le Washington Post . "Alors que des taux de naissance en déclin menacent les economies et la stabilité sociale d'une Europe vieillissante, le taux de fertilité augmente en France. La France a maintenant le deuxième taux de fertilité d'Europe – 1,94 enfants nés par femme. » (mais derrière encore l'américain : 2,01). Cette fertilité extraordinaire ne s'explique pas la « romance française », ni par le poids de l'église catholique. Non, c'est juste que la France subventionne la famille, des allocations familiales aux crèches. « Tous les gouvernements, quel que soit leur parti, ont institué des lois encourageant les plus grandes familles et aidant les femmes à garder leur travail pendant qu'elles élèvent leurs enfants. » Non seulement les Françaises ont plus d'enfants, mais plus que les autres Européennes, elles parviennent à continuer à travailler. « Les trois quarts des mères françaises d'au moins deux enfants travaillent. »

Une chroniqueuse du DesMoines Register est allée à Paris pour son cinquième anniversaire de mariage. Elle en revient convaincue que « les Français ne sont pas différents de vous et moi » à quelques exceptions près : ils n'ont l'air d'avoir qu'un enfant par couple (on ne lit pas le Washington Post à Desmoines ?) ; les chiens sont tout petits ce qui permet de les accrocher à des pieds de table de café et  les Français ne rigolent pas très fort pendant « Little Miss Sunshine. ». Et dans le métro, on peut faire toutes sortes de choses : lire un roman, tripoter son amoureux, jouer de l'accordéon, ou "porter un imperméable et une bouteille quasi vide pour faire des grands gestes en racontant sa vie".

Un petit portrait de MAM dans le Washington Post, ministre de la défense et candidate potentielle à la présidence. Mais alors que Ségolène joue de sa féminité, Aliot Marie préfère cultiver une image masculine : elle insiste pour se faire appeler « le ministre » et porte les cheveux courts. On apprend que pendant ses quinze ans de romance secrète avec Patrick Ollier, ils se retrouvaient pour s'embrasser dans les cabines téléphoniques de l'assemblée.

Si on s'en fiche, c'est selon Time, parce que c ontrairement à Gary Hart, Bill Clinton, ou Newt Gingrich, aucun politicien français ne s'est jamais pris les pieds dans un scandale sexuel.  « Les Français sont assez blasés en ce qui concerne les aventures sexuelles de leurs élus. » L'article avance aussi une explication que je n'avais encore jamais lue : les électeurs français voient encore leurs hommes politiques « comme une classe à part avec des privilèges autrefois associés à la cour du roi. » Autre piste : l'électeur français ne demande pas à son représentant politique d'être plus vertueux que lui. Une « rationalisation culturelle » déjà utilisée « pour expliquer pourquoi autant de gens en France conduisent ivres, magouillent leurs déclarations d'impôt et enfreignent les lois sur le tabac en toute impunité » et pourtant ces habitudes ont été contrôlées. Alors pourquoi pas la vie sexuelle des élus français ? « D'étranges choses peuvent se passer. Qui après tout aurait cru il y a un an que dans cette France macho  le leader de la course à la présidence serait une mère pas mariée défendant les droits de la famille ? » conclut l'auteur de l'article sans que j'arrive à comprendre ce qu'il faut déduire de cette dernière phrase...

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20 octobre 2006

Le numéro neuf, un numéro spécial avec des politiciens cyniques et volages, des vins français mais pas trop et des cigarettes qui empêchent de grossir

Le New York Times estime « aussi absurde que cynique » que l'assemblée nationale française ait voté l'interdiction de nier le génocide arménien. Les Turcs doivent confronter leur passé, « mais cela n'excuse pas la façon dont les politiciens français essaient d'exploiter les sentiments anti-turcs pour flatter le large électorat arménien. »

Les périodes de l'histoire de France qui suscitent le plus d'intérêt sont la révolution et « les années sombres » de 1940-1944, observe le Christian Science Monitor   dans une critique de « Bad Faith , une biographie par Carmen Callil de Louis Darquier de Pellepoix, commissaire aux questions juives sous le régime de Vichy. « Les lecteurs de l'histoire de la seconde guerre mondiale sont familiers de la machine nazie inhumaine à la froide efficacité » écrit Atlantic Monthly« Mais dans Bad Faith on découvre des fonctionnaires ineptes et paresseux, complices et traîtres, et qui parfois n'arrivent pas à plaire à leurs supérieurs nazis à cause de leur médiocre travail pour débarrasser la France de sa population juive. » La critique du New York Times est élogieuse, à un hic près. « La seule note incongrue du livre tient à trois phrases rajoutées en dernière minute d'analogie entre les événements décrits et le traitement des Palestiniens par Israël. Ce passage est devenu controversé parce qu'il a conduit à l'annulation de la réception prévue pour Madame Callil lundi à l'ambassade de France. » Les remarques détonnent surtout selon la critique du New York Times, « à cause de la probité générale de Madame Callil » à travers l'ensemble du livre. « Le reste du temps, elle laisse ses lecteurs penser par eux-mêmes. »

« Est-ce que le président Jacques Chirac a un enfant d'une maîtresse japonaise ? » démarre un article de la correspondante du New York Times qui raconte le succès en France du livre Sexus Politicus, 150.000 exemplaires imprimés. « La politique et le sexe se mélangent depuis des siècles en France, mais la vie privée des hommes politiques historiquement était gardée secrète. » explique-telle.  Autre bizarrerie, « contrairement aux Etats-Unis où de pareilles révélations seraient l'objet de grandes enquêtes des medias, les journalistes français traitement rarement le sujet. La réaction des Français est de fait très différente de celle des Etats-Unis, où un scandale sexuel peut menacer de faire s'effondrer un gouvernement. » relève la correspondante, qui note encore que « le fait que Ségolène Royal, la candidate en tête pour gagner la nomination socialiste pour la présidentielle de l'an prochain, ne soit pas mariée au père de leurs quatre enfants n'est pas un sujet de la campagne." (Je passe sur un malheureux cafouillage historique entre Edgar Faure et Félix Faure, foi de Faure.)

Après le succès du Yellow Tail, un vin australien, un article de Slate fait le tour des dernières piquettes françaises vendues aux aux Etats-Unis. Des vins qui abandonnent la définition géographique des vins Français, car « cette approche qui fonctionne bien pour le haut de gamme est un albatros pour le secteur bon marché. » Les nouveaux ont des étiquettes tape à l'œil, comme « The petit bistrot » qui a même quelques lignes de baratin au dos de l'étiquette. Le journaliste de Slate nous en lit un extrait : l'histoire d'un type au restau « avec la fille de ses rêves dont les yeux dévorent en rêvant le menu du petit bistro, « avec des côtes d'agneau et de la polenta, ou des pâtes à la sauce tomate » se regardant dans les yeux, ils savourèrent… » blabla… Le journaliste de Slate rappelle que la polenta et les pâtes ne sont pas de la cuisine de bistrot, il voit là un « subtile effort pour effacer les origines françaises du vin » en cultivant des tonalités italiennes. Ce qui lui semble justifié d'un point de vue marketing « puisque la France n'est pas très populaire en ce moment. »

L'ouverture de L'Atelier de Robuchon à New York est pour le New York Magazine l'occasion de faire le point sur la disparition de la grande cuisine française de New York. Il y a des rumeurs de fermeture du restau de Ducasse. Les grands restaus français ont fermé. Ne restent que des remakes de brasserie. Les derniers établissements chics français « survivent grâce à la bonne volonté de bons vivants de l'Upper East Side ou à des couples de petits vieux de Cleveland ou de Palm Beach »

Johanna Dray «n'est certainement pas grosse sur des standards américains, mais peut-être un peu forte pour les Français toujours conscients de leur poids. » Et elle ne peut pas faire d'exceptionnelle carrière de mannequin. Le San Francisco Chronicle l'a interrogée pour un article montrant que si Madrid a interdit aux anorexiques de défiler, la maigreur est toujours en vogue chez les top models. Il y a même débat au ministère de la santé en France. Pourtant les chiffres de l'article ne soutiennent pas l'idée des dangers de l'anorexie en France : 12,4 % des Français sont obèses selon la Sofres, soit un saut de 10 % depuis 2003. « Et les Français ont perdu une arme contre l'obésité quand le premier ministre a annoncé une interdiction de fumer dans les écoles, les bureaux et les bâtiments publics. »


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11 octobre 2006

Le numéro huit, un numéro spécial avec des danseuses du ventre fantômes, des députés qui fument aux toilettes et un président de droite à gauche

Le guide Michelin sort sa deuxième édition américaine. Après New York l'an dernier, c'est San Francisco. En une, le San Francisco Chronicle sème le doute sur le sérieux du travail du guide français. Par exemple, au sujet du restaurant La Folie, le guide annonce que les dîneurs sont accueillis par la femme du chef. Bug : elle ne travaille plus le soir depuis la naissance de sa fille… qui a aujourd'hui 13 ans. Autre exemple, le guide signale les danseuses du ventre d'un restaurant qui n'en a pas eues depuis mai 2003. Son propriétaire se demande si les critiques du guide ont bien mis les pieds dans son établissement. Jean-Luc Naret, le directeur des guides rétorque que « les gens n'achètent pas le Michelin pour la danseuses du ventre » mais pour sa sélection de restaurants.

Parlant de plaisir de la table, le New York Times publie sur son site un extrait de "The United States of Aragula" , un livre sur la sophistication du palais américain. On y apprend que les attaques des républicains lors de la présidentielle de 2004 dénigrant John Kerry, le démocrate à l'air « trop français » pour être président, n'étaient pas inédites. En 1840, le républicain William Henry Harrison laissait entendre que son adversaire, le président en poste Martin Van Buren, était un aristocrate monarchiste parce qu'il buvait du champagne et avait embauché un chef français à la Maison Blanche ». Harrison fit savoir qu'il se nourrissait de « cidre brut et de bœuf saignant salé, et gagna l'élection ».

Dans un restaurant parisien, Tim Hilchey et Patricia Ryan du New York Times demandent à leur voisine de table de se retenir de fumer pendant leur repas. « On ne nous a pas encore mis en cage » leur répond-elle avant d'en allumer une. Les fumeurs français ne demandent jamais aux non-fumeurs si ça les dérange, explique une Française interrogée. Le chef de Robuchon se souvient d'une Parisienne qui a cassé une assiette quand on lui a demandé d'éteindre sa cigarette.

Retour sur le sujet du tabac quelques jours plus tard dans le New York Times. Sartre fumait, écrit Elaine Sciolino, sa correspondante. Camus, Colette, Coco Chanel et Cocteau aussi. Chirac, un temps, fuma jusqu'à trois paquets par jour. Et Jean-Paul
Belmondo (dont le nom ne commence pourtant pas par un C) fume « deux douzaines de fois » dans « A bout de souffle».
Preuve que c'est vissé chez nous, la nicotine tient son nom de Jean Nicot, l'ambassadeur français au Portugal qui rapportait des feuilles de tabac à Catherine de Medicis. Fumer reste valorisé chez les jeunes Français qui peuvent s'en griller aux pauses au lycée. Malgré tout, la loi anti-tabac de 1991 était à l'époque la plus ferme d'Europe. Quant à celle à venir, le New York Times enregistre la réaction d'André Santini qui proteste contre « les Ayatollah » qui veulent l'empêcher de fumer :« ils vous disent comment vous devez faire l'amour, ce que vous devez manger. » Et le député Jean-Pierre Balligand menace de
« finir sa vie là où il l'a commencée : aux toilettes», pour fumer en cachette.

C'est la prohibition du foie gras qui fait râler aux Etats-Unis. Salon fait réagir le chef Anthony Bourdain à la perspective d'une interdiction dans le New Jersey. « C'est comme si quelqu'un essayait de s'introduire dans mon appart et de me voler ma télévision, s'insurge Bourdain, c'est personnel». La raison : c'est dans le New Jersey qu'Ariane Daguin, patronne de « D'Artagnan » produit du foie gras pour tous les restaurateurs de New York.

Invité à une université d'été, Matthew Kaminski du Wall Street Journal réalise à quel point le «conservatisme ne signifie pas nécessairement la même chose de ce côté de l'Atlantique. » « Avec ses succès récents pour sauver les subventions agricoles, écarter les t-shirts chinois des magasins, empêcher les plombiers polonais et autres travailleurs de passer les frontières, les reprises pan-européennes d'entreprises.. et on pourrait continuer la liste, le Président Jacques Chirac est le plus grand champion de ce que des Américains peuvent appeler les politiques de gauche en Europe. » Cette vision pourrait, selon lui, être secouée par Sarkozy « qui cite l'Amérique et la Grande-Bretagne » et  Ségolène « qui vante le blairisme et trouve que la globalisation c'est pas si mal ».

La correspondante du Christian Science Monitor a regardé « L'Etat de Grâce », la sitcom qui suit les déboires d'une femme présidente. Elle voit des parallèles avec Ségolène Royal, « tenue à des standards différents en temps que femme » (« elle s'est fait
publiquement moucher pour avoir porté des talons hauts en visite au Chili » et l'auteur de l'article rappelle le « qui va s'occuper des enfants ? » de Fabius). Elle leur trouve aussi des différences. Contrairement à la présidente de la série télé qui « se tourmente sur comment les électeurs vont réagir à sa vie de famille, elle (Royal) a invité les magazines et caméras de télévision à la photographier après la naissance de son dernier enfant ».

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22 septembre 2006

Le numéro sept, un numéro spécial avec une fermeture éclair qui craque et une visite à la capitale de la moutarde

Arielle  Dombasle est à New York. Elle est « tout ce qu'une chanteuse française doit être », selon le New York Sun, « vulnérable et sexy, suprêmement mince, et désespérément amoureuse de l'amour. »  Tellement parisienne que le journaliste du New York Times voudrait la pincer pour s'assurer qu'il ne rêve pas face à « la personne vivante la plus française » qui peut « citer Montaigne ou Colette aussi facilement qu'elle peut porter des ensemble St Laurent ou sa blondeur de Brigitte Bardot »

Ah si seulement ils avaient lu la critique de l'autre journaliste du Times qui est allé la voir sur scène plus tard quelques jours plus tard. « Quand des artistes européens sont agressivement présentés comme étant le nec plus ultra d'un je ne sais quoi venu d'Europe, nous américains avons tendance à perdre la tête et mordre à l'hameçon. » Il ne faut pas tomber dans le panneau, insiste t-il, même si son mariage avec BHL pourrait ajouter à l'intimidation culturelle. Lui a assisté à un « concert médiocrement chanté », par quelqu'un qui ne pouvait chanter que six notes et s'est montré «dépourvu de toute profondeur d'interprétation » Le Daily News, lui, n'a pas regardé sur scène mais dans la salle, notant qui était là pour la première : Michael Douglas, John Malkovich, Lauren Bacall, Salman Rushdie… "Une fermeture éclair cassée sur son troisième costume menaça de lui donner une plus grande exposition. Son mari, l'auteur Bernard Henri Levy ne semblait pas y voir d'objection. » 

 C'est la dernière année de Chirac qui « au plus haut il y a trois ans » souffre maintenant de « blessures auto-infligées » raconte USA Today. Bien que les frites de la caféteria du Congrès soient redevenues des « french fries », « la France reste un punching bag assuré pour certains politiciens américains." relève le quotidien. "En course pour sa réélection, le sénateur Rick Santorum, a provoqué de grands rires les mois dernier en décrivant les forces musulmanes aux portes de Vienne en 1683 : il dit qu'elles furent arrêtées quand le monde s'unit contre elles « à l'exception de la France. Il y a des choses qui ne changent pas. »"

Le New York Times est allé à Lyon pour la biennale et note le contraste entre les parades américaines à l'ordre quasi militaire et les françaises plus informelles à l'atmosphère de cirque.

Dijon, ce n'est pas que de la moutarde, annonce le Washington Post, c'est aussi une ville avec 158 jours de pluie par an. Le journaliste prend le train avec une femme qui n'y a jamais vu le soleil, arrive à Dijon, "trop petit pour être un village, trop provincial pour être une ville". Il apprécie la sobriété du service dans les restaurants. Notamment lorsqu'un serveur lui apporte ses joues de bœuf. « Il m'a souhaité une bonne continuation (excellente continuation aurait été un peu excessif)» Il va visiter le musée de la moutarde à Amora-Maille et apprend que Maille appartient à Unilever, que les graines de moutarde poussent au Canada et que celle qu'il consomme aux Etats-Unis « ne voit jamais le ciel nuageux de Dijon. »

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13 septembre 2006

Le numéro six, un numéro spécial avec des ex et futurs présidents, un footballeur et une reine qui ont perdu la tête

A New York, samedi soir un chauffeur de Taxi à qui nous disions que nous étions français nous a répondus "ah France… Paris, Marseilles, Champs Zilaillezi, Sarkozy…" Le New York Times d'aujourd'hui saute directement à Sarkozy. Et à la une.
Sarkozy aime l'Amérique : Hemingway et Miami Vice. « M. Sarkozy est le moins français des politiciens, il croit au travail dur, à l'ambition crue, à l'homme de la rue et au rêve américain. » Et pour lui « Sarko l'Américain n'est pas une insulte. » (Note de New York : quand il était venu à Washington en 2004, il avait déjà fait en discours disant qu'en France, on l'appelait « Sarko l'Américain ». Tiens.) Sarko a vu Bush à la Maison Blanche alors que « M. Chirac qui a été le premier chef d'état étranger a rendre visite à M.Bush à la Maison Blanche après les attentats du 11 septembre attend toujours son invitation." Le Washington Post , qui l'a suivi à Washington, note qu'il va plus loin que les politiciens français qui « quand ils veulent louer l'Amérique font référence au rôle de Lafayette pendant la révolution américaine, et citent l'amour des français pour les jeans, les hamburgers et les films américains. » Sarkozy, lui, rapporte le journaliste a prononcé "le type de discours qu'on attendrait d'un responsable de l'administration Bush, notamment en ce qui concerne l'Iran, Israël et le contre-terrorisme". Dans le Herald Tribune , Alan Riding note "une caballe d'hommes d'âges murs complôtant activement pour bloquer un outsider politique, qui selon les sondages  est la seule à pouvoir les ramener au pouvoir." Ses concurrents, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn "qui croient naturellement qu'être président de la France, c'est un travail d'homme."
 
Il note le « parallèle inévitable » avec Hillary Clinton. "Mais il y a une difference : les barons du parti démocrate craignent que Clinton perde l'élection présidentielle : les barons socialistes redoutent que Royal la gagne."

Un portrait de l'autre Clinton dans le New Yorker (ne rien prévoir d'autre pour l'après
-midi de lecture) raconte que l'ex-président a assisté à la finale de la coupe du monde de football. Il n'a rien vu, rien compris du coup de tête. Mais dans l'avion du retour s'est fait tout expliquer par Hillary au téléphone . « Il a instantanément pardonné à Zidane et s'est demandé ce qu'il allait devenir. » Empathie, empathie.

Parlant d'héritage saboté, Marie Antoinette doit sortir en salles dans un mois aux Etats-Unis. Aux critiques sur la vérité historique du film, Sofia Coppola répond dans le New York Times « ils ne parlaient pas non plus anglais à Versailles. » Kristin Hohenadel explique que Marie Antoinette est revenue à la mode en France, à la une des magazines, dans les boutiques de luxe, en librairie et dans les talk shows télés. « Comme si les Français avaient besoin du battage d'un film hollywoodien pour être excité par leur propre histoire. »

Après Bush qui lit Camus, Rumsfeld cite Georges Clémenceau. Pour dire, d'après le Washington Post, que les guerres « sont des séries de catastrophes qui résultent en une victoire. »


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29 août 2006

Le numéro cinq, un numéro spécial avec un ancien président qui ne lit pas Camus, une blague pas drôle et des trucs qui ne se mangent pas

On n'a pas fini de parler de cette histoire de L'Etranger de Camus que Bush a lu cet été dans son ranch à Crawford. Le dernier à l'évoquer, c'est Bill Clinton, raconte le Daily News. L'ancien président est venu au Barnes and Noble de la 66 ème rue à New York à l'occasion de la sortie de « The Plan : Big Ideas for America » que ses deux anciens conseillers Rahm Emanuel et Bruce Reed venaient dédicacer. L'ancien président venu conseiller à tous de l'acheter,  lance « George Bush a passé le mois d'août à lire de l'existentialisme français et regardez ce qui lui arrive ! ». Puis « Vous ne voyez pas George Bush se pointer à des séances de signature pour Albert Camus ! » 

La popularité de l'extrême droite n'est pas morte à Vichy, affirme une "lettre de Vichy" écrite par un journaliste de l'Herald Tribune rappelle que « l'extrême droite a été le plus près du pouvoir (en 2002) depuis 1940, et que beaucoup des facteurs qui ont favorisé Le Pen en 2002 sont toujours là. »L'article observe aussi que les grands partis politiques français ne savent toujours pas bien quelle attitude adopter vis à vis à de l'extrême droite à l'approche des élections présidentielles de 2007.

Quelques jours après les autres, Charles Krauthammer s'étonne dans le Washington Post que La France ait initialement justifié n'envoyer que 200 soldats (l'article a été publié vendredi,) au sud Liban au nom des règles d'engagement des casques bleus alors qu'elle avait contribué à les écrire. C'est d'une « duplicité à couper le souffle » écrit Krauthammer qui se demande si c'est « une revanche à la vente de la Louisianne. » ouaf.

Le foie gras est interdit à la vente à Chicago depuis mercredi dernier et le Christian Science Monitor observe que l'interdiction a éveillé l'intérêt pour « un met dont personne ne pouvait prononcer le nom jusqu'à maintenant » et poussé des habitants de Chicago à en goûter pour la première fois.

Toujours plus grand public, un Atelier de Joël Robuchon a ouvert à Las Vegas. Le magazine GQ est allé tester. L'article explique aux lecteurs qui est Robuchon.  « Il est si respecté que lorsqu'il a décidé que les clients devraient manger des plats extrêmement chers perchés sur des tabourets comme des Américans auraient pris leur plat du jour dans l'Illinois en 1954, sa vision a été applaudie. » Le critique a voulu tester la volaille appétissante qui tournait sur la rôtissoire. On lui a dit qu'elle était là pour la déco.

19 août 2006

Le numéro quatre, un numéro spécial avec une grande puissance qui se dégonfle, une président qui lit vite et des femmes qui enlèvent leurs vêtements

«Où sont passés les Français ? Jusque là, cherchez-les sur la touche » C'est le titre d'u n éditorial du Washington Post qui rappelle que «pendant toute la crise de l'été entre Israël et le Liban, la France a généreusement distribué conseils et remontrances, comme il convient de la part de la grande puissance qu'elle prétend être.» L'édito note que le jour du vote de la résolution sur le Liban, l'ambassadeur français à l'ONU avait assuré que le déploiement de la force multinationale pourrait être «très rapide». Mais voilà que le président Jacques Chirac ne se dit prêt qu'à ajouter 200 hommes supplémentaires aux 200 qui servent déjà «dans l'actuelle et impuissante force des Nations Unies au Liban». «Le général français qui commande la force va rester jusqu'au terme de son mandat en février : c'est apparemment tout ce que les Français avaient en tête quand ils ont parlé de « mener » la force.» Le Washington Post espère que ce n'est pas le dernier mot de Chirac.

A propos de l'état du monde, New York Magazine sort un numéro spécial "Et s'il n'y avait pas eu de 11 septembre ?" Quelques huiles imaginent à quoi ressemblerait le monde. Dont BHL :"Je n'aurais pas eu à raccourcir mes vacances à Saint Paul de Vence pour faire un papier sur Israël en guerre.»

L'autre auteur français dont on parle, c'est Albert Camus, puisque Bush a lu « L'étranger » à Crawford. «Il a bien aimé et a trouvé que ça se lisait vite» a dit son porte-parole Tony Snow. Maureen Dowd, la chipie du New York Times, est surprise. «Monsieur Bush n'est pas un homme à la Camus. Camus détestait l'aveuglement causé par l'idéologie et Monsieur Bush se vautre dedans.» Elle voit une explication. Meursault, le personnage principal, « prend beaucoup de mauvaises décisions et tue préventivement un Arabe dans le sable » et invite le président à "lire un autre classique de Camus : le mythe de Sisyphe" , pour faire le rapprochement avec la guerre en Irak.  

Lorsqu'un Noir présente le 20 heure pendant six semaines,  en France, ça fait la une des journaux, remarque le New York Times. «Dans un pays avec plus de Noirs dans l'équipe de football nationale (13 sur 23 joueurs) que parmi les 577 membres de l'Assemblée Nationale (10 dont aucun de métropole), la soudaine célébrité de M. Roselmack a souligné à quel point il est rare ici de voir des minorités dans des postes importants.»

Le Wall Street Journal a consacré un article de une aux aides à la création d'entreprise que distribue France Télécom à ses employés prêts à partir. «Avec une main d'œuvre impossible à réduire par des licenciements » puisque les deux tiers de ses employés sont fonctionnaires, France Télécom a développé ce programme pour encourager les départs volontaires et a ainsi «subventionné un magicien, soutenu l'ouverture d'une entreprise de plongée sous marine en Martinique et envoyé un baryton prometteur à une école d'opéra.»

Joël Achenbach décortique l'art d'être assis au café à Paris dans le Washington Post magazine . «C'est un peu comme d'être mort mais avec du meilleur café.» Il buvait un verre de vin dans un café de la Rue de Something, près de l'avenue des Whatevers, et à côté de lui, il y avait 'quelqu'un qui ne faisait rien, et qui le faisait avec panache. » Le Français finalement fait quelque chose "Il regarde son telephone portable. De l'action au café ! Il ne telephone pas, que ce soit bien clair, mais il étudie son téléphone." Notre Américain à Paris se dit que son voisin passe en revue les numéros de ses maîtresses, aaaah les Parisiennes, à côté de qui «les Américaines ont l'air tombées d'un chariot de foin» Il s'imagine qu'on prépare le quatrième des neuf volumes d'une encyclopédie des arts érotiques, avec un chapitre sur le petit espace entre les doigts de pieds… Et puis reconnaît que tout ça, ce sont "des projections du subconscient du touriste : on a vu tous ces films sous-titrés où un français paresseux ne fait rien à part fumer une cigarette et les femmes enlèvent leurs vêtements."



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12 août 2006

Le numéro trois, un numéro spécial avec un vin pour les hommes, des chiens missiles et des cyclistes qui ne prennent pas d'aspirine

Le New York Times consacre un grand article au rosé, maintenant une boisson chic et classe. Même Pamela Anderson en boit désormais à St Tropez (c'est quoi déjà ce qu'on voulait démontrer ?). «Les hommes n'ont plus peur d'être vus dans des fêtes en train de boire une boisson rose» et le vendeur de vin de Union Square en a déjà rempli une bouteille de Gatorade pour aller la boire à Central Park (c'est quoi déjà ce qu'on voulait démontrer ?) Le plus en vogue des Rosés, c'est le Domaines Ott, "le jean 501 du rosé."

Le magazine GQ, dans son numéro d'août dont je vous avais déjà parlé (je n'avais pas fini de le lire) discute longuement avec Oliver Stone. Figurez-vous que sa mère Jacqueline était française. Né aux Etats-Unis, Oliver a été conçu en France. Il explique que c'est son côté français qui dérange souvent et que c'est une mentalité que les gens ne comprennent pas, et qu'ils perçoivent à tort comme de l'arrogance. « Alors ce que beaucoup de gens ont pris pour de la suffisance chez Oliver Stone, ça n'aurait été qu'une caractéristique française générique ? » demande le journaliste. Le réalisateur répond que les américains n'y comprennent rien aux Français : c'est "une honte la manière dont on s'est moqué des Français avant la guerre en Irak" dit-il. "C'est une honte parce que les Français ont fait plus pour aider l'Amérique à être indépendante que les Anglais. Et les Français se comportaient mieux avec les Indiens. Ils s'entendaient avec eux. Les Anglais les massacraient.. " Avant que l'ambassade de France ne fasse péter les bouteilles de champagne, je signale aussi que deux pages plus loin, Stone explique c'est sa mère qui lui a appris à se masturber. En France, ça n'a rien d'étonnant. « La sexualité c'est authentique en France. Ca ne posait pas de problème à ma mère de se promener toute nue devant moi. Elle comprenait la plomberie de la vie. En France, c'est très naturel. »

Dans sa revue de presse de Slate , Eric Umansky allume BHL. Dimanche dernier, dans le New York Times magazine , BHL avait écrit "peut-être que nous ne devrions plus dire « roquette »". Parce qu'il trouve que roquette, ça diminue la situation. Roquette, ça lui rappelle roquet, « un petit chien dont l'aboiement est pire que la morsure ». « Pourquoi ne pas dire bombe ? ou missile ? Pourquoi ne pas utiliser 'essayer le juste mot pour reproduire la violence barbare et fanatique de cette guerre ? » demande BHL, insistant sur « la politique des mots, la géopolitique de la métaphore… » Umansky lui répond que "parce qu'une roquette est autopropulsée et non guidée. A la différence de bombes ou de missiles, les roquettes sont exactement ce que le Hezbollah fait pleuvoir sur Israel."

Le Boston Herald remarque que la presse française traite l'affaire Landis avec plus de modération que Lance Armstrong qui n'était généralement pas aimé et le Wall Street Journal rappelle que Jacques Anquetil avait dit il y a longtemps qu'il fallait être naïf pour penser qu'on pouvait gagner le Tour avec de l'eau minérale.

J'avais été surprise il y a deux semaines par cette chronique du Austin Statesman après la victoire de Landis au Tour de France. «On leur envoie un type faire du vélo avec une seule testicule et il bat les français sept ans de suite », note le chroniqueur dont on se demande dans quelle position il fait du vélo, « après on leur envoie un type avec une mauvaise hanche pour remplacer le type avec une testicule et il les met encore minable. Imaginez les dégâts pour les Français si on leur envoyait un type entier… » John Kelso se dit que les Français doivent en être malades, un peu comme le seraient des Américains « si le Daytona 500 était gagné par un type avec un béret en peugeot. » Et la chronique assez remonté concluait que cette fois « les Français ne pourraient pas pleurnicher au dopage du vainqueur comme pour Lance Armstrong» puisque Landis ayant grandi en pays Mennonite, « les Français auront de la chance s'ils arrivent à trouver les traces d'un Advil » chez Landis. Effectivement, toujours pas de trace d'aspirine au labo

04 août 2006

le numéro deux, un numéro spécial avec beaucoup de seins nus, des tableaux qui tombent et une femme qui claque la porte

Comme vous le savez probablement tous déjà, les "Freedom Fries" servies à la cafeteria du Congrès ont à nouveau le droit de s'appeler "French Fries." C'est le Washington Times qui s'en est rendu compte par inadvertance, et note que le changement s'est fait dans la discrétion. Bob Ney et Walter Jones, à l'initiative du changement de nom en punition du refus de la France à entrer en guerre contre l'Irak, ne répondent pas aux questions sur le sujet. (Remarquez que Walter Jones a déjà dit le regretter, tout comme il regrette d'avoir défendu la guerre, mais c'est une autre histoire). Personne n'a de commentaire à faire au malheureux journaliste chargé de l'enquête, sauf le « manager de la cafeteria du sous-sol. » Le New York Times en a fait un édito, notant que les « Freedom Fries » sont maintenant, comme la banderole « mission accomplie » accrochées derrière Bush après la chute de Bagdad, des souvenirs d'une époque naïve où les supporters de la guerre croyaient que les libérateurs seraient accueillis avec des pétales de roses.

A Paris, ces gribouilles de Beaubourg ont fait tomber deux toiles prêtées par le musée de Los Angeles. Et des experts interrogés par le LA Times, se demandent "si un grand musée a déjà fait autant de dégâts en une seule expo" (l'expo « Los Angeles 1955-1985 » de mars à juillet). « C'est pas de notre faute » dit la directrice de l'exposition, qui explique que les deux œuvres étaient « incroyablement fragiles ».  Elle n'a sans doute pas dû lire la sociologue Raymonde Caroll, qui remarque que lorsque des Français cassent des trucs chez les autres, plutôt que de s'excuser et de restituer ce qu'ils ont mis en miettes, ils s'en sortent d'un « mais quelle idée de placer un vase de Chine à cet endroit là… » La conservatrice du musée de Los Angeles fait remarquer que les œuvres avaient survécu à plusieurs tremblements de terre.


Un journaliste du Los Angeles Times a rendez-vous à Toronto avec François Ozon et Jeanne Moreau. Il pose une question à Ozon. « Donc j'ai pas besoin d'être ici ? » coupe Moreau qui prend ses affaires et s'en va.

  Le New York Times a découvert un nouveau genre littéraire : les romans de gare avec une jeune héroïne blonde à gros seins qui vient à Paris redécouvrir la vie, enfin l'amour, disons le sexe. ("Salaam, Paris, Paris Hangover"…). Le modèle existe en version mid-life crisis, et en homme. « Mon héros ne va pas à Paris pour devenir Jean-Paul Sartre ou un impressionniste. Il y va parce que les femmes ne sont pas politiquement correctes et portent des supers sous-vêtements », explique Stephan Clarke, l'auteur de « merde, actually » (« un titre avec le mot utilisé en France pour les excréments de chiens » dixit le NYT). L'auteur tombe aussi sur un petit manuel « Finding a Jules in Paris. » La journaliste précise, et c'est encore meilleur dans le texte, « A "Jules" is a boyfriend or a sweetheart, but not necessarily Mr. Right."

Et puisque c'est l'été, Paris Plage. « Paris est fier de son esprit exhibitionniste » commence l'article du New York Times sur Paris Plage, qui note que « puisque c'est la France, il y a des règles pour toutes sortes de comportements, et puisque c'est la France, même il y a des règles, il y a une tolérance quand elles sont enfreintes, particulièrement quand il s'agit de vêtements de plage."
Voilà, trois colonnes de problèmes de string plus tard, l'auteur de l'article se dit que « tout ce foin sur la nudité, ça peut sembler surréel dans un pays où des femmes seins nus sont régulièrement en couverture de magazines grand public, affichés en grand sur les kiosques».