Film Gore
« Si, vas-y,
faire un film avec un diaporama de 90 minutes, c’est une idée brillante »
m’avait encouragé un collègue. Je n’avais plus le choix: j’avais réservé ma
place pour « The Inconvenient Truth » sur Internet. Le groupe
anti-Bush MoveOn avait organisé une campagne pour que le plus de gens possibles
aillent voir le film sur la croisade d’Al Gore contre le réchauffement de la
planète dès sa sortie et je n’avais pas trouvé de siège hier.
La forme du film est
indigeste au possible : une présentation qui n’est même pas powerpoint, avec
des graphiques et des avant/après aussi sophistiqués que ceux que montrent des
gens en blouse blanche dans les pubs de dentifrice. Entre deux histogrammes
effrayants et des animations d’ours polaires qui n’ont même plus de bout de
banquise pour se poser, on voit Gore en espèce de vendeur de parapluie tirer sa
valise à roulettes dans les aéroports, avec ses slides dans son ordinateur sur
lequel il tapote tout seul dans sa chambre d’hôtel. Ca vous donne plutôt moins
envie d’être vice-président que la photo ci-dessus. Sans compter les
autodistractions (« qu’est-ce qu’il a grossi… ») contre lesquelles il
faut lutter en permanence ( « concentre toi plutôt sur le réchauffement de
la planète. »)
« The Inconvenient
Truth » arrive pourtant à être saisissant, en particulier quand Gore
dénonce la manière avec laquelle le gouvernement actuel a réussi à créer
l’impression que le réchauffement de la planète ne serait qu’une théorie
sujette à débats. Malgré cet invraisemblable mode de narration, nous avions assise derrière nous une
dame qui criait des « oh my god… » et des « waouh… » comme
si nous allions rattraper les gangsters d’une minute à l’autre.
Pour expliquer
l’apathie de l’opinion face au réchauffement de la planète, Gore montre une grenouille
que l’on plonge dans de l’eau très chaude. Elle bondit immédiatement hors de
l’eau. Installer la grenouille dans l’eau froide et faites doucement grimper la
température et elle n’en sortira pas à moins d’être secourue. (Le film montre une
grenouille dessinée. Aucun batracien n’a été blessé pour la rédaction de ce
post).
mai 26, 2006 | Permalink
Commentaires
Merci Guillemette pour ce post et la métaphore très parlante.
Rédigé par: drou | 26 mai 2006 15:03:12
Penses-tu, comme c'est explique dans New York Magazine (dont tu recycles les photos on dirait) que Gore puisse se servir de ces activites comme d'un tremplin pour une investiture democrate en 2008? Son engagement contre le rechauffement de la planete est-il completement desinteresse?
Rédigé par: Paul | 26 mai 2006 16:48:34
La question n'est pas de savoir si son engagement est interesse ou pas (j'ai l'impression que Gore croit a son message dur comme fer - et il a raison). La question est plutot de savoir si le message passe avec le public.
Rédigé par: Schubi | 26 mai 2006 18:12:46
Le "public" a tendance à comprendre quand c'est trop tard. Un peu comme pour la guerre en Irak.
Rédigé par: Oxymoron | 26 mai 2006 18:47:10
il est passé à Cannes présenter son film et j'ai lu dans le Monde ou Libération un article plutôt favorable
Ceci dit il enfonce des portes ouvertes, maintenant pour que nous passions (et les gouvernements) aux actes c'est une autre histoire. Il y a bien Kyoto mais c'est un peu court même si c'était respecté par tout le monde
Rédigé par: brigetoun | 26 mai 2006 19:27:47
je vous encourage vivement à regarder ce court film
http://www.boreme.com/boreme/funny-2006/president-al-gore-p1.php Gore est passé au SNL, biensûr les textes ne sont pas de lui, mais il s'en sort haut la main. Il suffit d'imaginer ça en France pour s'en convaincre. A soutitrer "Et si Jospin avait eu de l'humour..."
Rédigé par: marion | 26 mai 2006 20:31:44
S'il avait eu de l'humour... Ca n'aurait rien changé au résultat, mais au moins on se serait moins rasé pendant la campagne !
Je viens de regarder le film dont tu parles, Marion, et effectivement c'est bien poilant.
Rédigé par: dioulde | 26 mai 2006 22:18:32
Le contraste saisissant entre l'article "Joshua" et celui-ci, pour ce qui est du terme (Court terme, long terme, ...) de la préoccupation donne une petite idée de pourquoi "le public a tendance à comprendre quand c'est trop tard"
Rédigé par: diouldé | 26 mai 2006 22:25:29
C'est trop tard pour le "public", je crois que vous vivez dans une petite bulle monsieur!
Regardez simplement le nombre de commentaires sur chaque post de Kunstler:
http://jameshowardkunstler.typepad.com/clusterfuck_nation/
Peak oil et global warming qui s'abbattent sur une nation entierement dependante du petrole. Si 300+ reponses montre un public apathique sur un blog assez secret...
Jake.
Rédigé par: jake | 27 mai 2006 11:34:53
L'engagement d'Al Gore pour la question du réchauffement planétaire ne date semble-t-il pas d'hier. C'est en effet Al Gore qui a signé au nom des Etats Unis le Protocole de Kyoto en (si je ne m'abuse) 1999.
Manoeuvre politique? Peut être, mais manoeuvre honnête toutefois.
Rédigé par: Thomas | 28 mai 2006 02:04:00
Difficile d'imaginer Jospin jouant le même jeu que Gore sur le set d'un équivalent français de "The West Wing"...
http://www.dailymotion.com/Inedire/video/219151
Dommage ?
Rédigé par: AnT | 3 juin 2006 15:48:34
Al Gore et sa métaphore de la grenouille, quelle bêtise : http://skyfall.free.fr/?p=15
Rédigé par: rincewind | 21 jan 2007 15:49:05

