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Des milliers de bonzes font sécher leur linge à Central Park

Safranpasorange_1 Voilà le capitaine crochet ! A 7h45 ce matin, c’est lui qu’on attendait. Dans sa petite voiturette façon golf, il arrive pour distribuer les grandes cannes crochetées aux groupes d’employés du chantier The Gates de Christo et Jeanne Claude. On m’avait dit qu’ils portaient des uniformes The Gates. J’avais imaginé des panoplies futuristes à la Decouflé. En fait, cela ressemble plutôt des tabliers de peinture d’enfants. Ils sont signés dans le dos de Christo-et-Jeanne-Claude. Devant de leurs copains de chantier. Ils sont émus, ça se voit. Le capitaine crochet distribue les perches aux « capitaines des groupes. » Ce capitaine crochet, c’est le chef de l’aire 6, comprise entre la 97ème et la 105ème rue, laquelle se découpe en trois zones, chacune d’elles divisées en quatre sections. « Et vous avez tous vos balles de tennis ? » Les balles de tennis ? Panique. « On ne nous avait pas dit pour les balles de tennis à la formation de l’après-midi. » Ouf, ceux qui ont été à la formation du matin savent qu’après avoir utilisé le crochet pour ouvrir l’emballage en haut des portiques, il faudra mettre la balle à la place du crochet pour pouvoir mettre de l’ordre dans les voiles détachées sans les déchirer.

Presquorange Au sud de Central Park, le maire Bloomberg fait un discours flanqué des deux artistes (qui ne font qu’un, au cas où vous ne sauriez pas). Le capitaine crochet attend le signal de départ dans son talkie-walkie les premières voiles déroulées par les patrons. « Allez y, pas trop vite, Christo et Jeanne-Claude voudraient essayer de passer voir tous les groupes pour prendre des photos du déroulage avec chacun d’eux. » Autour d’eux, on attend déjà pour ne pas rater une miette. « - Vous êtes française ? Vous avez vu le Pont Neuf ? » Une jeune femme porte un manteau orange. Son chien Tango porte un petit nœud du même orange. « On est tous uni dans l’orange aujourd’hui » me dit-elle. « Safran » je corrige. Les artistes ont suffisamment insisté. Après tout, comme Jeanne-Claude l’a dit à Corine Lesnes, Leonard de Vinci a eu le droit d’appeler son œuvre la Cène et non pas le sandwich ou le dîner. Un quart d’heure plus tard, plus au sud, près de l’étang de Central Park, les voiles tombent les unes après les autres à grands renforts de aaaaah. Soudain, c’est un ooooh. Voilà une limousine métallisée. On se doute bien que ce sont eux : le week-end, la circulation dans Central Park est fermée aux voitures. Un vieux monsieur à lunettes et une femme à la chevelure safran flamboyant en descendent. Jeanne-Claude a bien fait de venir en voiture, elle porte des petites ballerines argentées pas du tout adaptées au froid. Thank you, thank you » crie t-on autour d’eux. Jeanne-Claude leur sourit. "Vous avez 16 jours pour en profiter."

(Photos : Eugene Kuo)

février 12, 2005 | Permalink

Commentaires

Jolie contrepèterie dans le titre :)

Rédigé par : Guillermito | 12 fév 2005 21:18:33

Yep ! J'avais entendu parlé de cela samedi matin, sur Europe 1, dans "La lettre de l'étranger" de François Clemenceau,...

P.-S. sympa ton blog ;-)

Rédigé par : Yv | 13 fév 2005 22:48:11

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